Je rentrais trois heures après être déjà passé par ce guichet là. Et voila qu’on le tient encore, attaché à cette laisse qui est en tension, sans aucune autre raison, que de retenir ce corps qui s’endort, aplati sur l’immensité du sol, du hall d’agglomérat poli.
Il a sa gueule dans une muselière, je ne comprends pas. Il est seulement là, assis ou couché, regardant passer pendant tant de temps tant de tas de gens en troupeau, qu’on ne pense pas qu’il puisse bouger.
Ce sont peut-être ses longues pattes, qui donnent l’impression de s’enraciner sur le sol, lisse et sans aucun relief sauf celui de son corps.
Ce sont peut-être ses yeux toujours fatigués, son regard toujours rasant, ses paupières toujours baissées, qui donnent l’impression de sagesse, d’avoir tout vu, et de s’ennuyer.
Que ce spectacle est pathétique ! Il fait pitié, ce pauvre chien qui a à supporter la tension de la laisse, la lumière des néons, les commentaires cons, des maîtres inutiles, qui ne servent à rien, tellement ils sont gros et courbés par le poids de leur propre corps d’être là enterrés.
Mord !