mardi 31 août 2010

Jim Jarmush, "permanent vacation"



Synopsis:
Aloysious Parker erre dans les rues de New-York durant deux jours et demi. Jeune vagabond sans attache et livré à lui-même, il croise différents personnages singuliers.(source: Wikipedia)





samedi 28 août 2010

Hier soir


Je rentrais trois heures après être déjà passé par ce guichet là. Et voila qu’on le tient encore, attaché à cette laisse qui est en tension, sans aucune autre raison, que de retenir ce corps qui s’endort, aplati sur l’immensité du sol, du hall d’agglomérat poli.
Il a sa gueule dans une muselière, je ne comprends pas. Il est seulement là, assis ou couché, regardant passer pendant tant de temps tant de tas de gens en troupeau, qu’on ne pense pas qu’il puisse bouger.
Ce sont peut-être ses longues pattes, qui donnent l’impression de s’enraciner sur le sol, lisse et sans aucun relief sauf celui de son corps.
Ce sont peut-être ses yeux toujours fatigués, son regard toujours rasant, ses paupières toujours baissées, qui donnent l’impression de sagesse, d’avoir tout vu, et de s’ennuyer.
Que ce spectacle est pathétique ! Il fait pitié, ce pauvre chien qui a à supporter la tension de la laisse, la lumière des néons, les commentaires cons, des maîtres inutiles, qui ne servent à rien, tellement ils sont gros et courbés par le poids de leur propre corps d’être là enterrés.
Mord !

mercredi 25 août 2010

Le Vide

Le vide existe s’il contraste avec la concrétion du plein.Le vide est un espace débarrassé de toute présence matérielle, mais un espace est délimité par le plein et la réalité de ses limites.
Une chambre est vide quand il n’y a rien en son intérieur, et cependant une chambre vide ne l’est que quand l’espace du non-être est délimité par le plein des murs.
Sans murs il n’y a pas d’espace ; sans espace il n’y a pas de vide. Pas de vide sans plein et à l’inverse pas de plein sans vide.
L’Univers, même infini, est aussi délimité par le matériel. Les planètes et corps célestes sont des enclaves à l’intérieur de lui et par conséquent les « frontières » du vide infini mais restreint.
On dit que la matière est constituée quatre-vingt-virgule-neuf-pourcent de rien. Cela me fait sentir plein, concret, complet, total, et saturé de vie ; j’ai le néant en mon intérieur.
Le vide, ce n’est qu’un schème. Le « vide absolu » est un concept autodestructif.


Malevitch, "Carré noir sur fond blanc", 1915

Un de ces jours...

Il s'agit bien d'un de ces jours où les coeurs se serrent et notre regard mue de couleur pour prendre un ton mélancolique qui cache notre amertume, déguisement de nos méchants esprits qui cependant voient la lumière grise du jour et sortent par la dilatation de l'iris, humide et nuageux.

Sally Mann "The deep South", 1998

La religion, le dernier des cosmétiques.

La religion est sans doute le meilleur des cosmétiques. Quelques maintes oraisons suffiront pour effacer les imperfections de l'âme, mais surtout celles de la peau. Appliquez vous en tous les dimanches matin sur la conscience et vous verrez, non pas votre faciale rajeunir, mais tout de même prendre l'air de l'immortalité!
Savourez la foi en votre vie interminable! Imaginez l'odeur de l'éternité!
Ne vous inquiétez plus des tâches de sagesse qui sur votre peau apparaissent, ni de la souffrance de se reconnaître dans un miroir à travers le temps. Oublions que nous ne sommes que des fils de conséquences, que nous sommes prisonniers du raisonnement.


Sally Mann, "What remains"