lundi 13 septembre 2010

Les Objectifs...

    







Commes nous des objectifs collatéraux de nous mêmes? Je n'en sais rien. Mais il est vrai que les choses qu'on fait sont liées à une situation, à une réalité autre que nous. Ce n'est que quand j'écris que je pense à moi, et c'est l'activité principale à laquelle je dédie ce petit temps. Le reste du jour, oui, bien sûr que je pense à moi, avec nostalgie, comme un être que j'aime bien, et que je regrette car je l'ai quitté tôt le matin en me réveillant. Et ce n'est que dans le métro que je me retrouve de temps en temps, sans me faire beaucoup attention, car j'ai une autre chose à faire qui est de ne pas manquer l’arrêt auquel je vais. Je suis un élément du décor, quelque chose qui va avec la situation. Quelque chose dont je ne peut me séparer quand je me trouve, et que je perds de vue dés que je m'oublie, je suis quelque chose d'occasionnel. Je suis quelque chose. C'est ça, quelque chose car je ne suis pas toujours conscient de moi-même, et je ne pense pas toujours à moi, qui est pour moi ce que j'entend par penser tout-court. Et donc je ne pense pas donc je n'existe plus. Mon Alzheimer me fait disparaître de moi même, de ma tête, et alors je me demande comment est-ce que tout à coup j'existe à nouveau, puis je disparais sans raison alors que j'avais du mal à m'oublier, puis... puis toujours le même cycle, et c'est le cycle des Buendía, et toujours en disant "bonjour" je pense au jour, ou peut-être même pas, et maintenant je vois que je ne pense plus à moi...
C'est désolant. Je suis une victime de ma propre tête.

Personne

Personne, du latin "persona": masque
Et maintenant, elle colle à notre peau, nous sommes un masque et le reste n'est rien car ça ne se voit pas.
Un jour, tout explosera.

samedi 11 septembre 2010

Et encore...





Et encore ce n'est pas fini.On est pas seulement seuls mais perdus dans un énorme puzzle de réalités discontinues. Ainsi il y a la réalité de l'heure du café, qui ne dure pas plus qu'un évènement qui n'appartienne pas à la suite logique qui devrait suivre ce moment arrive, et on ne peut pas contrôler les réalités qui passent les unes après les autres, qui nous filent entre les mains, et qui nous mêmes détruisons en regrettant celle qui vient de passer. C'est comme ça qu'on gaspille notre temps, en regrettant des moments passés, alors que pour cela il existe l'heure du café, l'heure du empty bed blues,l'heure de la peur à vieillir, de la solitude, l'heure du cafard infini de la vie.
On vit dans des réalités qui passent, se poussent les unes aux autres, se succèdent comme le soleil qui pousse la lune qui l'a poussé auparavant, et nous, moi, quelqu'un, tous, sommes sur la lune, alors qu'on est en plein midi.
Nous sommes peut-être sur la lune d'hier, sur celle de demain, celle d'y à un an ou celle qui jamais n'existera, mais nous sommes ailleurs, nous sommes seuls, nous sommes perdus, nous sommes las. las de vivre, et alors on dort, on dort d'un trait trois mois, jusqu'à ce qu'un jour on s'endorme pour de vrais, et on s'endorme trop longtemps.

Rayuela, Cortazar





jeudi 9 septembre 2010

Seuls?

31/08/10
On est seul. On est seuls, si l'on est plusieurs à être ensemble. On croit partager quelque chose, une réalité, un moment qui pour tous est le même, mais ça ne l'est pas. Et pourquoi? Car chacun vit sa propre réalité, qui est différente à toute autre qui puisse exister. Et encore, pourquoi? Car la réalité n'est pas démontrable. 
Je vais le prouver: 
Chacun peut dire ce qu'il voit, mais il ne sait pas, et ne peut savoir, ce que l'autre voit. Jusqu'ici, on pourrait se dire qu'on partage des point de vue différents sur une même réalité. Mais voilà ce qui m'est arrivé l'autre jour: M. Lestra, le professeur d'SVT, nous demanda de prendre le livre et de l'ouvrir à la page 232, dans laquelle on trouverait une carte de la topographie marine de la zone de subduction Japonaise, et un de la zone Andine. Nous, bons élèves qui partageons le livre "pour ne pas nous accabler de poids", prîmes prestement le livre, et je me pressait de l'ouvrir à la bonne page. Nous voici sur la bonne page. "Ah, voila la carte" j'ai déclaré, je ne sais d'ailleurs pourquoi, car ceci était bien évident aux yeux de tout le monde, ou c'est du moins ce que je croyait, car, après que j'eusse déclaré cette évidence, mon camarade répondit "Non":  Je me suis bloqué, congelé. Je n'avais pas de réponse. Certes, je pouvais lui avoir montré la carte du doigt et lui dire "Si" avec un ton d'autosuffisance, mais sur le coup je me suis rendu compte que la seule chose que je ferrais dans ce cas serait de lui répéter ma première affirmation. Je ne pouvait pas lui démontrer qu'il était là. Chacun peut dire ce qu'il voit, mais il ne sait pas, et ne peut savoir, ce que l'autre voit, et si l'autre ne le voit pas, alors pour lui, ceci n'existe pas. 
Bien sur mon camarade repéra la carte rapidement, car ni lui était aveugle, ni moi j'avais des hallucinations. Mais passons l'anecdote au plan mental. Ni les relations, ni les sentiment ni rien de rien ne peut être réellement démontrable. les choses tangibles...parce-quelles sont essence d'elles mêmes, on arrive à un consensus. Le reste, oubliez de le partagez, car vous ne partagerez pas ce que vous voulez, mais ce que l'autre verra, qui ne serra pas ce que vous sentez. Vous êtes seul dans votre réalité, on est seuls dans nos propres réalités, on est seul dans sa propre réalité.



dimanche 5 septembre 2010

Alzeimer d'âme

Et tout d'un coup je comprends qu'il est très difficile de passer le seuil du vide. On vague dans un espace rempli de choses qui existent mais qui ne vont pas plus loin que ça. On a l'habitude de penser avec la tête, avec le cerveau, mais au fait, ce n'est qu'un morceau de matière. 
Il est plus facile de parler de choses qui nous sont étrangères car comme ça on peut s'absenter mentalement. On parle de choses qui ne nous touchent pas car comme ça... comme ça je ne sais pas. Simplement je constate que la plus grande partie des conversations que je tiens ne nous amènent a rien. On ne partage pas. On traite des sujets qui sont avant le seuil de nos âmes. On est enchainé par les faits, les constatations, les raisonnement raisonnables...C'est désolant. 

Il faut passer le seuil. Moi des fois je le fais, mais quand tout à coup je m'aperçois que je suis encore hors de moi, de mon intérieur, et je pense avec la tête, je me retrouve comme ces vieux souffrant Alzheimer, qui tout à coup se rendent compte qu'ils se sont perdu dans la campagne, et qui leur est complètement étrangère, et alors, et alors ils pleurent...
"et maintenat , bon Dieu, tu vas bien rigoler,
Et maintenat, je vais pleurer"
Portrait de Louise Bourgeois, fait par Annie Leibovitz

mercredi 1 septembre 2010