dimanche 5 septembre 2010

Alzeimer d'âme

Et tout d'un coup je comprends qu'il est très difficile de passer le seuil du vide. On vague dans un espace rempli de choses qui existent mais qui ne vont pas plus loin que ça. On a l'habitude de penser avec la tête, avec le cerveau, mais au fait, ce n'est qu'un morceau de matière. 
Il est plus facile de parler de choses qui nous sont étrangères car comme ça on peut s'absenter mentalement. On parle de choses qui ne nous touchent pas car comme ça... comme ça je ne sais pas. Simplement je constate que la plus grande partie des conversations que je tiens ne nous amènent a rien. On ne partage pas. On traite des sujets qui sont avant le seuil de nos âmes. On est enchainé par les faits, les constatations, les raisonnement raisonnables...C'est désolant. 

Il faut passer le seuil. Moi des fois je le fais, mais quand tout à coup je m'aperçois que je suis encore hors de moi, de mon intérieur, et je pense avec la tête, je me retrouve comme ces vieux souffrant Alzheimer, qui tout à coup se rendent compte qu'ils se sont perdu dans la campagne, et qui leur est complètement étrangère, et alors, et alors ils pleurent...
"et maintenat , bon Dieu, tu vas bien rigoler,
Et maintenat, je vais pleurer"
Portrait de Louise Bourgeois, fait par Annie Leibovitz

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