samedi 11 septembre 2010

Et encore...





Et encore ce n'est pas fini.On est pas seulement seuls mais perdus dans un énorme puzzle de réalités discontinues. Ainsi il y a la réalité de l'heure du café, qui ne dure pas plus qu'un évènement qui n'appartienne pas à la suite logique qui devrait suivre ce moment arrive, et on ne peut pas contrôler les réalités qui passent les unes après les autres, qui nous filent entre les mains, et qui nous mêmes détruisons en regrettant celle qui vient de passer. C'est comme ça qu'on gaspille notre temps, en regrettant des moments passés, alors que pour cela il existe l'heure du café, l'heure du empty bed blues,l'heure de la peur à vieillir, de la solitude, l'heure du cafard infini de la vie.
On vit dans des réalités qui passent, se poussent les unes aux autres, se succèdent comme le soleil qui pousse la lune qui l'a poussé auparavant, et nous, moi, quelqu'un, tous, sommes sur la lune, alors qu'on est en plein midi.
Nous sommes peut-être sur la lune d'hier, sur celle de demain, celle d'y à un an ou celle qui jamais n'existera, mais nous sommes ailleurs, nous sommes seuls, nous sommes perdus, nous sommes las. las de vivre, et alors on dort, on dort d'un trait trois mois, jusqu'à ce qu'un jour on s'endorme pour de vrais, et on s'endorme trop longtemps.

Rayuela, Cortazar





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